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Comment écrire un livre sans expérience| 7 conseils et astuces pour améliorer votre pratique de l'écriture

  • Elodie
  • il y a 2 jours
  • 11 min de lecture

Introduction


Comment écrire un livre sans expérience ? Vaste sujet, oui.

Un processus créatif, ce n’est jamais linéaire : il y a des jours foisonnants d’idées et de motivation où on a l’impression de faire des pas de géant ; et des jours où le jus de cerveau s’obtient après un combat épuisant contre soi-même (BEURK). Avoir une organisation qui vous ressemble et mettre des mots sur les raisons qui vous poussent à écrire sont essentiels pour garder intacte votre motivation et retirer de ces « jours sans » de petites choses utiles malgré tout.


Après avoir vu les étapes clés pour se construire une routine d’écriture sur mesure et qui dure dans le temps et avoir démêlé le pourquoi et le comment de l’écriture de votre livre, je vous propose ci-dessous 7 conseils et astuces pour questionner et améliorer votre pratique de l’écriture.


💡SPOILER ALERTE : Le point numéro 7 aborde la question du personnage. C’est un sujet que j’ai abordé dans plusieurs articles, et j’ai eu envie de vous proposer une fiche récapitulative à télécharger gratuitement. Cette fiche contient également plusieurs exercices d’écriture pour vous entraîner à créer des personnages crédibles. Lancez-vous !

 

  1. Travailler le début de son texte

 

De quelle façon avez-vous envie de faire entrer le lecteur dans l’histoire ? Que souhaitez-vous lui faire ressentir dès le début ?


L’objectif est d’accrocher l’attention du lecteur dès les premières phrases pour qu’il ne se laisse pas (trop) distraire par son environnement (même si la lutte contre les écrans est bien mal partie selon le baromètre de la lecture 2025 😵‍💫)

Heureusement pour vous, vous avez dans votre besace tout un tas de subterfuges pour l’empêcher de refermer votre livre, et de la motivation à revendre !


Que vous ayez plutôt envie de commencer par une description, une scène d’action, le portrait ou les pensées d’un personnage, un dialogue bien senti (ou autre), s’il y a bien quelque chose que vous devez rayer de la liste, c’est… le point météo ! La pluie qui cogne contre les vitres, le soleil (que dis-je : l’ââââstre du jouuuur) qui darde ses rayons sur le visage de Trucmuche, le vent qui fait craquer la charpente de la vieille bicoque… on les garde pour plus tard (ou pas). Il n’y a, à ma connaissance, pas de statistiques sur la façon dont les autrices et auteurs commencent leurs textes, mais j’ai vu passer beaucoup (trop) de manuscrits dont le début semble directement inspiré par Météo France ☁️🌤️🌦️⛈️🌪️

Penser que ce sont les seuls éléments qui peuvent vous permettre de construire une ambiance, c’est choisir la facilité, au détriment de l’imagination (et vous en avez à revendre, non ?).


Ce n’est pas forcément évident d’écrire les premiers mots d’un texte, car souvent, on entre dans l’écriture d’un nouveau manuscrit par une autre « porte » (une scène d’action ou un dialogue, par exemple… à placer dans le chapitre 3, alors qu’on n’a pas encore écrit les deux premiers), et il peut être difficile de trouver la « bonne » façon de commencer. Mais comme pour le reste, un début de texte, ça se travaille, ça se retravaille… Comme je l’écris régulièrement, penser qu’on va écrire son livre d’une traite, c’est une illusion. Et c’est une illusion qui peut coûter beaucoup de temps et de motivation parce qu’on se retrouve complètement bloqué.e devant sa feuille.


Alors, sortez des sentiers battus, faites travailler vos méninges et, au besoin, posez-vous à la bibliothèque et lisez les incipits de plusieurs livres du même genre que le vôtre pour comprendre ce qui vous plait et ce qui vous plait moins.

 

 

  1. Être observateur/observatrice : décortiquer les livres des autres… et les autres

 

Ici, il n’est pas question de plagiat, simplement d’observation ! Ce livre vous a plu, pourquoi ? Regardez ce qui rend les dialogues naturels, la structure globale du livre, de quelle façon les personnages sont décrits, comment sont faites les transitions entre les différentes scènes, trouvez les détails qui ancrent l’histoire, les personnages…


Demandez-vous de quelle manière adapter ce qui vous intéresse à votre manuscrit et entraînez-vous à écrire pour assimiler ces techniques.


De la même façon, inspirez-vous des personnes qui vos entourent et des discussions que vous avez ou que vous entendez pour nourrir vos dialogues, vos personnages, leurs relations, et les rendre plus réalistes. Il suffit souvent d’un détail pour transformer un personnage fictif en un personnage qu’on s’imagine pouvoir rencontrer dans la rue.


Observez-vous, regardez les gens déambuler (discrètement, sinon vous risquez de passer pour un voyeur 😅), (re)découvrez votre environnement, les petits détails qu’on oublie…

 


  1. Penser au contexte de l’histoire

 

Je parlais déjà dans mon précédent article, de l’importance de bien contextualiser votre récit et de construire un passé digne de ce nom à vos personnages pour éviter que le lecteur ait l’impression d’être parachuté au beau milieu d’un décor en carton-pâte qui s’anime juste parce qu’il est là (que c’est désagréable !)


De même, je vous invite à prendre cela en compte dès l’incipit. Comme je l’écrivais, il est tout à fait possible de commencer son livre par une scène d’action pour mettre tout de suite le lecteur dans le bain. Mais n’oubliez pas d’apporter des éléments concrets assez rapidement pour présenter vos personnages (au moins certains), situer l’action (pourquoi, comment), donner des éléments sur les enjeux, etc. Vous n’êtes bien entendu pas obligé.e de tout dévoiler dès les premières pages (et ce n’est pas recommandé non plus), mais ne laissez pas votre lecteur en rade. S’il a l’impression d’avoir raté le bon wagon, il va certainement sortir de la gare avant l’arrivée du prochain train (#SNCFmonamour). Dommage.


En dehors de l’histoire personnelle de votre personnage, il est important de bien prendre en compte l’époque et le contexte historique dans lequel il évolue. Il est rare que nos vies ne soient pas impactées par le contexte social de l’époque dans laquelle nous vivons, donc il y a fort à parier que vos personnages seront également influencés par ce (et ceux) qui les entourent. Même si vous décidez que cela n’a pas d’incidence sur le déroulement de votre récit, cela pourra en avoir une sur la façon dont vos personnages s’habillent, se comportent, les situations auxquelles ils font face… Être au clair avec cela vous évitera de plonger tête la première dans des anachronismes malvenus !

 

  1. Soigner l’ambiance

 

Comme je l’écrivais plus haut, il est important de travailler l’ambiance de votre livre, et ce dès le début, en sortant des images vues et revues.


Pour inventer une ambiance, pensez à vos cinq sens : fermez les yeux pour capter ce que vous entendez, ce que vous sentez, concentrez-vous sur vos sensations physiques (le vent qui vous frôle, quelque chose qui vous chatouille…), le goût qui perdure dans votre bouche. Essayez de mettre un mot ou une phrase sur chaque sensation. Ouvrez les yeux et concentrez-vous sur les couleurs. Puis retranscrivez tout dans un audio ou un carnet.


Il est également possible de vous inspirer de l’atmosphère créée par un autre auteur et de la transposer à votre histoire. Cela vous permettra de repérer les marqueurs qui permettent de plonger le lecteur dans une ambiance (champ lexical, rythme des phrases…). Observez, soulignez et inspirez-vous-en pour votre propre histoire.


Enfin, vous qui vous retranchiez jusque-là derrière votre ordinateur posé sur la table de votre salon ou dans votre bureau : osez changer de lieu d’écriture pour changer d’ambiance (et je ne parle pas de vous installer dans la cuisine ou sur les toilettes 👑). Profitez d’un trajet en train, d’un week-end à la campagne/montagne/mer/chez des amis, d’une pause dans un café, du passage dans une gare (décidément, la SNCF m’inspire), ou ce que vous voulez. Et si vous avez un ordinateur avec une tour indétrônable (je vous vois venir) : prenez un carnet 😏


Enfin (enfin !), un truc tout bête : servez-vous de votre état d’esprit du moment pour écrire les scènes en adéquation. Il est plus facile de décrire la joie ou la mélancolie quand on la ressent que d’après un souvenir 😉 Vous êtes votre propre expérience.

                              

  1. Rester cohérent.e

 

👉 Au niveau de la temporalité

Sur combien de jours, mois, semaines, années l’histoire se déroule-t-elle ? Les personnages évoluent-ils tous dans le même espace-temps/la même époque ?


Dès le début, il est important d’être au clair avec la durée de l’intrigue, car cela aura évidemment une incidence sur la construction de votre livre, notamment si l’histoire nécessite l’ajout de flash-backs (seront-ils ajoutés au fil du récit ou plutôt dans des chapitres dédiés ?) ou si plusieurs personnages évoluent en parallèle.


Veillez également à la cohérence de la durée des scènes, à l’enchaînement des actions et à l’environnement dans lequel évoluent vos personnages. Si l’histoire se passe sur Terre, je vous rappelle qu’une journée ne dure que 24 heures, qu’il y a une alternance entre le jour et la nuit, que l’année est rythmée par les saisons (plus ou moins marquées en fonction de l’endroit où l’on se trouve, je vous l’accorde) et qu’à moins d’être dans les SIMS, il ne fait pas perpétuellement beau (sauf pour ceux qui n’ont pas l’extension météo, bien sûr) 😁


Prenez donc le temps de vous renseigner sur la durée réelle des déplacements de vos personnages, la météo locale en fonction de la saison, etc. Tout cela vous permettra au minimum d’habiller vos personnages correctement, de les placer dans des situations crédibles (zut, il pleut et mon personnage est en tongs, la course-poursuite s’annonce compliquée) et de les faire réagir à bon escient (vite, il chausse les Sneakers qu’il avait rangées dans son sac à dos après avoir déambulé toute la matinée dans les rues de Rome 👉 attention toutefois à ne pas tomber dans la facilité, votre personnage n’est pas Mary Poppins et n’a pas forcément la solution à tout immédiatement) 🩴


De même, si votre récit est ancré dans la réalité terrestre, gardez en tête que vos personnages humains… sont humains (dit comme ça…). Si votre personnage doit apprendre une nouvelle compétence, il lui faudra du temps pour le faire ; s’il est blessé ou s’il est amené à enchaîner plusieurs actions dans une même journée, il aura probablement besoin d’un temps de repos (l’adrénaline d’une course-poursuite ne fait pas tout, et ne transforme certainement pas un personnage qui a une forme physique passable en super marathonien !), etc. Ce sont sur de petits détails comme cela qu’inconsciemment le lecteur trouve l’histoire et les personnages crédibles ou non.


J’attire également votre attention sur le fait qu’on a tendance à vouloir éluder certaines scènes qui ne paraissent pas essentielles à l’histoire (un déplacement, par exemple), ce qui est une bonne chose pour éviter des longueurs inutiles. Cependant, il ne faut pas abuser des ellipses narratives, car elles ont tendance à couper la proximité qui se crée entre le lecteur et les personnages. Tout est une question de dosage !


Enfin, je vous conseille de donner au lecteur des marqueurs précis en cas de changements fréquents de temporalité ou de lieux, notamment en cas de roman chorale, de flash-backs fréquents, de coexistence de plusieurs lignes temporelles, etc. Soyez au clair avec le temps de la narration (passé, présent) et le mode de narration (narration à la 1re personne, à la 3e personne, narrateur omniscient). Ne perdez pas le lecteur dans les méandres du temps ! 🫣

 

👉 Au niveau des lieux et de l’époque

En fonction du lieu et de l’époque dans laquelle vous situez votre récit, il y aura des particularités à prendre en compte pour éviter toute forme d’erreur ou d’anachronisme.

En effet, si la météo est liée au climat d’un pays (méditerranéen, équatorial, océanique, continental, etc.), les technologies doivent également être replacées à la bonne période. Le contexte social et politique est également très important, car il a une incidence directe sur la vie des gens, et donc sur celles de vos personnages.


Vous vous dites peut-être que vous n’êtes pas concerné.e parce que le contexte dans lequel vous situez votre histoire est volontairement laissé flou, mais dès lors que vous placez votre récit dans une période antérieure à celle que nous vivons, il me paraît important d’être attentif.ve à tous ces éléments, que ce soit dans la construction de vos personnages, dans les dialogues, dans les différentes scènes

 

  1. Ne pas négliger les descriptions


…et dans les descriptions ! Car oui, bien évidemment, les descriptions que vous faites des lieux, des personnages, des paysages, etc. doivent être cohérentes avec l’époque, la saison, la météo… 😎


Que vous soyez plutôt fan des descriptions distillées au fil du récit ou condensées en quelques pages ; adepte des descriptions succinctes qui laissent beaucoup de place à l’imagination du lecteur ou, au contraire, que vous préfériez lui montrer précisément les choses que vous avez en tête, il est important de :


sortir des images vues et revues (sans pour autant partir dans des métaphores ultras ampoulées et incompréhensibles 😅)

rythmer votre texte : décrire un lieu, un paysage ou une suite d’actions n’a pas pour but de bercer le lecteur pour l’endormir (!).

vous renseigner sur ce que vous décrivez (pour éviter de susciter de l’agacement chez le lecteur qui a l’impression de mieux connaître que vous le lieu ou le métier décrit 🙄)


De même, pour ne pas perdre votre lecteur, accompagnez son regard dans la scène. Faites l’effort de relire votre description en essayant de visualiser ce que vous décrivez avec un regard neuf. Essayez de mettre de côté ce que vous imaginez et focalisez-vous sur le sens des mots pour vous déplacer dans la scène en même temps que le lecteur. Pas facile, hein ? 🤓


Enfin, comme je vous le conseillais pour créer une ambiance, pensez aux cinq sens lorsque vous faites une description, ne vous contentez pas uniquement de ce que votre personnage voit ! Vous passeriez à côté de beaucoup d’éléments utiles pour renforcer la crédibilité de la scène.

Tout est une affaire de dosage et d’équilibre 🤌


💡Vos descriptions ne seront pas les même en fonction du mode de narration choisi : la narration omnisciente permet de faire des descriptions exhaustives, tandis qu’avec une narration à la première personne, le lecteur visualise le monde à travers les perceptions du personnage (point de vue interne).

 

  1. Construire des personnages crédibles


Pour créer un personnage crédible, vous pouvez dans un premier temps vous inspirer des personnes de votre entourage ou d’inconnu.es croisé.es dans la rue : créez-le en mélangeant plusieurs caractéristiques physiques, inventez-lui des traits de caractère – au moins une force et une faiblesse –, listez ce qu’il ou elle aime et n’aime pas, donnez-lui un âge et un nom, une résidence, un métier, une situation amoureuse, un milieu social… C’est le moment d’être inventif.ve et de s’amuser !


Puis placez ce personnage dans une situation fictive et décrivez ses pensées, sa manière de s’exprimer… Par exemple : une rencontre avec un voisin pénible, un repas de famille avec ses bons moments et ses tensions, une soirée entre ami.es, une panne de voiture, un coup de foudre… Les situations extrêmes vous permettront de tester les réactions de votre personnage et d’affiner son profil.


Surtout, soyez original.e, sortez des personnages vus et revus (par pitié, plus de sorcière rousse aux yeux verts 😵), lisses (personne n’est tout bon ou tout mauvais, même si certains faits d’actualité nous font douter…). Allez vers des personnages authentiques, réalistes, surprenants

J’ai déjà donné de nombreux éléments concernant la fiche personnage dans l’article précédent.


💡💡💡Vous pouvez télécharger gratuitement la fiche qui reprend tous les points importants sur la construction des personnages distillés au fil de mes articles, avec en bonus une liste d’exercices pour vous entraîner (et vous amuser) à créer des personnages originaux. 💡💡💡



Travaillez le style vestimentaire, la façon de s’exprimer et les tics de langage de vos personnages, car ces éléments vous seront très utiles pour construire des dialogues crédibles et éviter que tous vos personnages adoptent les mêmes habitudes de langage (expressions redondantes, vocabulaire…).


À travers l’utilisation d’un langage similaire, c’est votre façon de parler et vos propres tics de langage que le lecteur verra (ceci dit, c’est un bon moyen pour en prendre conscience 🧠).


👉 Vous avez la possibilité de vous servir des archétypes pour avoir une base, mais il est important d’en sortir pour éviter d’avoir des personnages stéréotypés. Gardez à l’esprit que l’être humain est de nature complexe et appliquez cela à vos personnages pour leur apporter de la nuance.

 

CONCLUSION | L’art de construire et de déconstruire sa façon d’écrire et de penser


Autant dans la vie que dans la création, il me paraît important de faire preuve de curiosité pour se nourrir, s’inspirer. Mais je pense qu’il faut aussi accepter de se remettre en question pour tenter autre chose quand la curiosité ne suffit plus à alimenter l’imaginaire : changer des habitudes, trouver un autre angle d’approche…


Dans mes articles, et particulièrement dans cette série de trois articles, je parle beaucoup de la nécessité d’avoir une organisation, un rythme, une cohérence et de la clarté dans l’écriture, car c’est ma vision des choses, et probablement ce qui me manque parfois pour aller dans la bonne direction (ou aller dans une direction tout court 🏹).


Mais l’écriture, c’est bien entendu plus qu’une liste de recherches à mener ou qu’un tas de fiches personnages : c’est créer un nouvel ordre des choses, c’est bâtir un univers entier, et c’est… rêver. Et dans le rêve, il n’y a pas de limite 🚀


Amusez-vous !


👉 Retrouvez l’intégralité de ces conseils en consultant les trois articles de la série « Comment écrire un livre sans expérience : étapes clés, gestion du temps, astuces… » :

✨ Améliorer sa pratique de l’écriture : les points d’attention



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